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Berlin impose le format ODF à toute son administration. Le format propriétaire de Microsoft disparaît de la liste officielle. Ce n’est pas un détail technique : c’est une décision politique qui pourrait on l’espère faire basculer toute l’Europe.
La CNAM déploie LaSuite et se libère !
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Fin du scan des messages privés par les GAFAM dans l’UE ?
Le Parlement européen a refusé le 26 mars de prolonger la loi qui permettait depuis 2021 à Meta, Google et Microsoft de scanner vos messages privés. À une voix près seulement… Mais une loi permanente est toujours en négociation.
Des ONG alertent sur la docilité européenne à l’égard des géants du numérique
Quatre ONG (la Quadrature du Net, Amnesty International, la Ligue des droits de l’Homme et l’Observatoire des libertés et du numérique) étaient auditionnées le 25 mars, dans le cadre de la commission d’enquête qui veut dresser l’état des lieux de nos faiblesses en matière numérique. Trois d’entre elles ont critiqué « l’Omnibus » numérique, ou le projet de simplification des lois numériques européennes actuellement étudié à Bruxelles, décrit comme une véritable « dérégulation ».
LG annonce un écran à 1Hz pour économiser la batterie
Cet écran LCD peut baisser sa fréquence de rafraîchissement jusqu’à 1 fois seulement par seconde, si rien ne change, pour éviter la consommation inutile sur les ordinateurs portables.
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Sujet : Chroniques Geeks La course à la puissance, l’autre nom de la guerre de la bande passante
L’informatique personnelle a vu passer de nombreux processeurs, en particulier au début des années 80. Il y avait alors une grosse poignée de fondeurs majeurs: Hitachi, Intel, Motorola et Zilog. On pourrait aussi citer Nec, Sharp et AMD en clones. Du côté du Japon, Fujitsu, Sharp, Hitachi et Toshiba fabricaient des CPU mais pas vraiment pour le grand public (sauf Nec/Sharp). Texas Instrument ne compte pas, mais j’vous le mets quand même dans la liste.
La mémoire vive utilisée alors est la DRAM dont les temps d’accès se situe autour de 250ns, puis réduit rapidement pour plafonner 10 ans plus tard autour de 80ns. Ce temps d’accès est important parce qu’il conditionne le débit maximal de données à traiter. 250ns ouvre la porte à 4Mo par seconde. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’accès à la mémoire est plutôt simple et surtout prévisible. Le processeur a besoin d’une instruction ou une donnée, il se connectait au bus mémoire pour aller la chercher. Simple. Basique.
La plupart des ordinateurs 8bits vont être calibrés sur la mémoire du moment. On peut nommer le Commodore 64 avec son 6502 à 1MHz ou les Spectrum/Amstrad avec un Z80 à 4MHz.
Le 6502 et le Z80 sont deux processeurs 8 bits très différents. Déjà ils n’ont pas la même fréquence de fonctionnement mais en fait cette fréquence est limitée par la mémoire.
Le 6502, plus rustique et simple, est aussi très optimisé. Il peut accéder à la mémoire deux fois à chaque cycle d’horloge c’est pour ça qu’il ne peut pas augmenter facilement sa fréquence, en fait il va déjà très vite. Sa force est donc aussi sa faiblesse. Le BBC Micro utilisera le 6502 à 2MHz grâce à l’augmentation de la vitesse des mémoires. De l’autre côté, le Z80, prend son temps, enfin… Il prend son temps avec une fréquence 4 fois supérieure! Il possède beaucoup de registres pour un 8 bits et il a besoin de cycles pour préparer l’exécution de son micro-code. Il est aussi très orthogonal, capable de réaliser des opérations de bit et décalage sur n’importe quel registre. A contrario, il n’accède à la mémoire qu’une fois tous les 4 cycles, parfois 3, ce qui permet par exemple, dans le cas de l’Amstrad CPC, de ne pas gaspiller des accès non utilisés à la mémoire, pour l’affichage graphique. Hé oui, il faut bien que le controleur vidéo lise des données quelque part!
La mémoire centrale était partagée entre le processeur et la puce graphique. À chaque accès « extérieur », le processeur devait attendre. A peu près toutes les vieux ordinateurs personnels sont concernés, le cas d’école étant l’Amiga avec son blitter, son copper, paula pour le son, qui accèdent tous quand ils peuvent, à la même mémoire! Il n’y a à ma connaissance aucune implémentation idéale de ces machines, toutes ont avantages et inconvénients dans leurs implémentations respectives.
Pour distinguer la puissance des processeurs à l’époque, on parlait de MIPS ou million d’instructions par seconde. Si on veut comparer nos deux challengers de façon équitable, c’est à dire avec la même mémoire, une consommation électrique proche, le 6502 peut exécuter jusqu’à 2MIPS et le Z80 jusqu’à 1MIPS. Très théorique évidemment, avec un programme qui n’accède jamais à la mémoire et ne fait rien de bien concret. Le 6502@2MHz peut exécuter deux fois plus d’instructions par seconde mais il n’est pas plus rapide pour autant. Sur des algorithmes simples, il peut tenir tête au Z80 voir le dépasser, mais dès qu’on complexifie les calculs, il s’effondre. Par exemple les performances de tous les BASIC en 6502 sont exécrables mais on peut étendre ça à tout calcul qui dépasse 8 bits. Chez Motorola il faudra attendre la fin des années 70 avec le 6809 pour battre le Z80 et chez Intel, on aura le 8088 qui est définitivement le meilleur processeur 8 bits, avec 29.000 transistors quand même (contre 4000 pour le 6502, 8000 pour le Z80 et 9000 pour le 6809). Mais ces derniers processeurs 8 bits ne pourront rien faire face à LA bombe de Motorola qui débarque, le 68000
Comme je vous le disais, l’architecture d’un processeur influe énormément sur la qualité d’exécution. Avec plus de registres (d’accès plus rapide), plus d’instructions diverses et capables d’utiliser ces registres, on fait moins d’aller-retours avec la mémoire et les performances augmentent.
Ainsi, le 6502 qui ne possède pas d’instruction de copie mémoire plafonne rapidement car pour chaque octet lu, il faut au moins exécuter 4 instructions, qu’il faut lire aussi et à chaque fois. Avec du code optimisé, le 6502@2MHz copie presque aussi vite que le Z80 qui lui n’a pas besoin de bidouiller ou dérouler de longs morceaux de code. Avec l’effacement mémoire. Le 6502@2MHz plafonne à 500ko/s tandis qu’un Z80 peut pousser 50% plus vite avec une fausse écriture 16 bits. Et là, je vous parle de comparaison équitable mais le 6502 a surtout été utilisé à des fréquences deux fois plus lentes. Sur le C64 dès qu’on passait en graphique, la lenteur de la copie mémoire rendait tout impossible. Déjà que notre Amstrad CPC n’est pas capable de rafraichir l’écran entier à chaque frame…
Je ne suis pas là pour faire une guerre entre différentes machines, surtout que celles sorties à base de 6502 (on peut citer l’Atari XL et le C64) étaient épaulées par des puces annexes offrant les sprites hard, des fonctions de scrolling câblées et des interruptions flexibles, là où la plupart des machines Z80 ont été conçues des années plus tard pour être des jouets à bas coût. Les machines 8 bits les plus rapides étaient des PC, tout simplement, et de très très loin. Sur le calcul des nombres premiers, le Z80 était largué aussi loin qu’il avait largué le 6502. C’est juste qu’entre la sortie des machines à base de 6502 et celles à base de Z80, il s’était écoulé suffisament de temps pour mettre un Z80 +puissant et qui coûte moins cher.
Et le 68000 dans tout ça? J’vous dis que le 68000 est une bombe et je ne vous en parle pas!
Le 68000 est un ovni. Déjà il a 68000 transistors, c’est plus de deux fois le nombre de transistors du 8088. C’est un processeur 16/32bits, avec plein de registres, des accès mémoire 16bits (c’est à dire qu’il peut lire 2 octets dans le même cycle) et des optimisations liées à l’utilisation de la mémoire. Là où les autres processeurs proposaient d’incrémenter un registre (pour passer à l’adresse suivante), le Motorola proposait des instructions pour ajouter des petites valeurs, de 1 à 8, très utile quand on manipule des structures et indispensable quand on lit la mémoire 2 par 2! Ajouté à ça, son adressage dépassait 16 bits et toute la mémoire pouvait être vue d’un seul tenant, sans la découper en blocs logiques de 64k. Sur le programme de référence de l’époque qui consistait à calculer des nombres premiers, il triplait la vitesse par rapport au 8088. Une bête de calculs!
Au niveau des accès mémoire, si on veut le comparer au 8088 qui pouvait copier 600ko de mémoire par seconde (le double du Z80, lui même double du 6502@1MHz), bien que le 68000 ne disposait pas d’instruction de copie mémoire, son architecture rapide et ses nombreux registres lui permettaient de copier à presque 2Mo/s. Il allait presque deux fois plus vite à fréquence égale.
Mais alors… Si c’était une bête de calcul et de mémoire, pourquoi on a eu des PC Intel ?
Hé oui, pourquoi…
Si on regarde la chronologie des processeurs, la sortie du 68000 en 1979 est très trompeuse. Le premier ordinateur l’utilisant est l’Apollo DN100 en 1981 (année charnière niveau des mémoires), une station de travail professionnelle! Il y eu d’autres machines du genre, chez Sun et Hewlette-Packard à destination des universités et évidemment hors de prix destinée aux entreprises.
1981, c’est l’année où IBM sort son premier PC. Il est abordable, plutôt rapide, ouvert, extensible et surtout disponible en masse. Une des conditions non négociables d’IBM était de pouvoir s’approvisionner en multi-sources, ce que ne faisait pas Motorola, alors qu’Intel laissait d’autres fabricants produire ses processeurs sous licence. Et surtout, Intel était une machine industrielle aguerrie. Ils fabriquaient déjà des mémoires et des processeurs en masse, ils étaient les meilleurs en finesse de gravure, ils pouvaient tenir là où Motorola avait des problèmes de fabrication et ne laissait personne d’autre qu’eux fabriquer. Notre outsider 68000 contenait 2 fois plus de transistors et une finesse de gravure inférieure à Intel, ce qui coûte cher et complique la production. Voilà pourquoi Intel a été choisi. C’est un peu la même histoire avec MSDOS plutôt que CP/M qui était objectivement mieux => La disponibilité.
Donc, premier PC en 1981, alors qu’il faut attendre 1984 pour voir le 68000 sur une machine « grand public » (entre guillemets parce que c’était stratosphérique le tarif) avec un Macintosh disposant de seulement 128k de mémoire… Puis en 1985, deux anomalies : l’Atari ST en début d’année et l’Amiga 1000 en décembre.
L’Apple Macintosh de 1984 n’a que 128k de mémoire. On voit qu’un bon processeur ne fait pas tout, surtout quand il arrive bien tard dans un éco-système fermé, pour ne pas dire verrouillé! IBM dégaine déjà son ordinateur à base de 286 et les premiers clones de PC apparaissent. Les PC/AT à base de 286 sont toujours des ordinateurs 16 bits purs, ils n’ont pas de registres 32 bits ce qui a en réalité peu d’importance, les ordinateurs ne croulent pas encore sous la mémoire. Ils sont proposées chez IBM de 256k à 512k de mémoire vive (toujours extensible). Le 286 apporte la mémoire virtuelle et le mode protégé (même si ça n’a pas été utilisé de suite) et des tonnes d’optimisations qui enfoncent le clou rapport au 68000, performant, mais accusant son âge.
Le 286 va améliorer le préfetch (oui car le 8088 avait un préfetch, c’est je crois, le seul processeur 8 bits a en disposer). L’exécution des sauts est revue, les opérations complexes type MUL/DIV sont optimisées. Il est plus de deux fois plus rapide à fréquence égale. Enfin, rapport au 8086, il fait sauter la limite de 1Mo de mémoire. Le 286 est ce qu’on appelle, une machine à copier. Mieux, l’amélioration des process permettra au fil des années de monter en fréquence. La pagination du 286 n’est pas aussi limitante que le bank switching du Z80, ça se programme sans difficulté, on n’a pas l’impression d’être sur un vieux CPU malgré l’absence de registres 32 bits.
Je vous parlais tout à l’heure de transferts mémoire. Les mémoires n’ont pas tellement évolué mais le 286 va exceller à les employer au maximum. À 8MHz, la même vitesse que le 68000, le PC/AT peut copier à presque 8Mo par seconde. C’est simple, c’est 4 fois plus rapide. Le processeur a des instructions dédiées à la copie et le préfetch d’instruction utilise chaque cycle mémoire inutilisée pour précharger le code à l’avance. Les PC/AT ont une génération d’avance sur les machines Apple.
En septembre 1986, Compaq sort le Deskpro 386 (16MHz). Ça a fait les gros titres à l’époque parce que le 386 comble de façon définitive la dette technique d’Intel sur Motorola. Le processeur est enfin un 32 bits pur (registres 32 bits, accès mémoire 32 bits). Le 386 voit aussi l’apparition d’un cache externe très rapide sur la carte mère, une petite mémoire quatre fois plus rapide que la mémoire standard, qui permet de renvoyer plus vite les données les plus utilisées. Et comme la mémoire est lue sur 4 barettes en parallèle, ça tabasse.
Le retard d’Apple s’accumule. Le Macintosh II sort un an plus tard, en 1987, avec un 68020. Et il leur faudra une année de plus pour intégrer le 68030 qui, si il est performant, accepte mal la montée en fréquence, étranglé par la mémoire là où le 386 optimise au mieux les accès. Rhaaaaa, cette maudite mémoire qui n’évolue pas aussi vite que les microprocesseurs! Autre étranglement des machines Apple, le NuBus, un bus qui permet l’échange de données entre les périphériques.
Ah oui les périphériques, on n’en a pas encore parlé. Les PC et les Mac ont une conception moderne. La carte graphique possède sa propre mémoire. Cela permet de réserver l’intégralité des accès à la mémoire centrale pour le processeur, là où tous les autres ordinateurs dont on a parlé phagocytent la moitié des accès pour l’affichage. Pour aller vite, il faut brasser des données. Sur PC, les accès sont très simples, via une plage d’adresse, on écrit dans la mémoire du périphérique et c’est tout, c’est rapide. Le NuBus permet aussi au processeur d’écrire dans la mémoire graphique, mais d’une façon trop protocolaire. Il faut dire ce qu’on veut faire, le faire et ensuite acquitter, c’est à dire attendre la confirmation que l’opération a bien été réalisée. Cette horreur pénalise encore plus les performances des Mac. L’intérêt du NuBus était de pouvoir être indépendant du processeur, les fabricants se concentrant déjà sur l’Intel, le NuBus permettait d’avoir des cartes qui fonctionnent partout où le NuBus était supporté.
Je vais écourter la suite de l’histoire. Intel va continuer sur sa lancée et surtout faire grimper les fréquences, vraiment très haut. L’arrivée du Pentium et la généralisation des processeurs à plus de 100MHz va forcer les fabricants à développer de nouveaux types de mémoire pour permettre aux processeurs d’exploiter plus de bande passante car ils commençaient à attendre un peu trop.
La production de masse va faire baisser les prix de sorte qu’aucune concurrence ne puisse rivaliser, tant en puissance qu’en prix.
On n’a certainement pas eu les processeurs les plus élégants avec Intel, pas eu le meilleur OS avec Microsoft mais ça a été une sacré aventure et surtout le format ouvert du PC a eu heureusement d’autres qualités, comme la profusion de matériels différents, en cartes graphiques, en cartes sons. Et puis le PC c’est encore plus que ça. En industriel tu posais un fond de panier dans une boite et tu enfichais tes cartes dessus comme un Lego, un processeur, de la RAM, un disque. Il y a vraiment une souplesse qu’on n’a jamais trouvée ailleurs.
Est-ce que l’histoire se termine ici?
Et bien pas vraiment, comme je vous disais, la suprémacie d’Intel s’envole avec l’amélioration des mémoires. Et en 30 ans, les améliorations ont été régulières. EDO, SDRAM, DDR, DDR2, DDR3, DDR4, DDR5 et du côté des cartes graphiques, encore plus. A chaque génération on double les taux de transferts. Et puis les processeurs eux-même disposent de quantités phénoménales de mémoire interne ultra-rapide.
Mais en embuscade, il y avait toujours des processeurs qui tiraient leur épingle du jeu parce qu’ils s’étaient positionné sur le marché des petites puces, pas spécialement puissantes mais qui consomment peu. Et où mettait-on ces processeurs? Dans les téléphones! Avec en réalité les mêmes systèmes d’exploitation que sur les PC. Donc ce petit monde évolue et on finit par se retrouver, malgré le côté moins puissant, avec des téléphones capables de lire des vidéos en haute définition, de jouer à des jeux en 3D de super qualité.
Pour des raisons industrielles et bassement pragmatiques, on assiste à une convergence des systèmes d’exploitation entre les téléphones et les ordinateurs personnels. Vous voyez arriver la suite?
Si les téléphones arrivent à exécuter des systèmes d’exploitation de PC (Android est basé sur Linux), que le système d’exploitation des Macintosh à base de processeurs Intel est basé sur BSD, un très bon Unix, très standard. Ça doit pas être bien compliqué de créer un ordinateur à base de puce téléphone? Je schématise les détails techniques mais c’est ce qui se passe.
Et donc, depuis quelques années, les ordinateurs Mac utilisent des processeurs de téléphone dopés aux hormones, qui sont les héritiers spirituels du 68000 et aussi un peu du 6502. Ce sont les puces ARM. Encore plus ironique, l’architecture de ces ordinateurs revient aux fondamentaux, à savoir partager la mémoire centrale de l’ordinateur entre le processeur et les périphériques, en particulier la carte graphique.
Alors il est probable que les amoureux du 68000 n’attendaient pas ce genre de revanche, mais c’est amusant de voir que non seulement les processeurs apparentés au RISC ne sont pas morts mais ils sont en super forme!
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